Voici les dossiers des lauréats de l’édition 2016 du Gala des Prix Policiers du Québec.

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À 19 ans, il a commencé à s’entraîner à faire des poids et haltères. À 21 ans, il a débuté comme policier. Il s’entraîne depuis maintenant 44 ans et, aujourd’hui encore, il continue à raison de quatre fois par semaine. Il est toujours policier! Toujours sur la route. Patrouilleur de carrière, pompier volontaire, sportif accompli, fils de la région de Mont-Joli, qu’il habite toujours, il a vu se développer ce coin de pays situé là où le Bas-du-Fleuve donne son nom à la Gaspésie. Quarante-deux ans de carrière et toujours le désir d’intervenir, d’aider, de contribuer, d’être là pour faire la différence.

Jamais malade, hyperactif, honnête et humain, ce grand amateur de pizza est respecté par maintenant trois générations de délinquants. Lorsque celui qu’on surnomme le quatrième Ninja Turtle dit à un individu trop récalcitrant « C’est terminé », la suite est écrite dans le ciel. Le prévenu a été prévenu. Mais, comme le dit un de ses collègues, l’homme est tellement connu que dans 99,9 % des interventions, il n’a jamais à faire usage de la force.

Comme la fois où des voleurs, surpris par un système d’alarme, se sont enfuis à pied. Avec son collègue Laflamme, il entreprend donc de suivre les bandits à la trace. De nuit, à la lumière de leur lampe de poche, ils suivent la piste laissée par les empreintes de pas, perdant la trace puis la retrouvant pour arriver, deux heures plus tard en face d’une maison où les voleurs se sont réfugiés. Totalement étonnés d’être découverts dans leur cachette, les malfrats sont sortis sans offrir de résistance.

Toutefois, le Prix que nous lui décernons aujourd’hui n’est pas pour une action spécifique ou un geste de bravoure particulièrement éloquent, mais pour une carrière tout entière dévouée à sa profession, à sa famille et à ses concitoyens, fidèle à ses valeurs et à ses idéaux.

Mesdames et messieurs, accueillons un homme dévoué au bien commun, un cœur noble, un héros de l’ombre.

J’appelle l’agent Maurice Dubé.

Matagami, en Abitibi, dans le coin du 47e parallèle, le 11 avril 2016. Au milieu de la journée, un appel rentre pour informer l’agent qu’une citoyenne vient d’appeler le 911 pour annoncer son intention de mettre fin à ses jours. Elle a indiqué à quel endroit elle se trouvait. Elle est au bord de la rivière Bell. Le policier connaît l’endroit. Les courants y sont très forts en raison des rapides. La glace, d’ailleurs, ne peut pas se former à cet endroit tant le courant est puissant. Il y en a uniquement sur le bord de la rivière et elle est très mince. Arrivé sur les lieux, l’agent aperçoit effectivement la dame. Elle est au bord de la rivière, debout sur cette mince couche de glace, elle fixe l’eau. Elle est trop loin de la route. Il ne peut pas l’approcher avec le véhicule. Environ un kilomètre les sépare tous les deux.

Le policier se dirige donc vers elle et, tout en marchant, il se dit qu’il pourrait tenter de prendre contact tout de suite avec elle pour commencer le travail d’apaisement et de désamorçage. Il appelle donc la dame en utilisant le numéro de téléphone que le 911 a retenu. Celle-ci répond! D’abord heureux qu’elle lui réponde, le policier constate ensuite que la dame est confuse et que les efforts pour obtenir sa collaboration sont voués à l’échec.

Lorsqu’il arrive à sa hauteur, la dame est agenouillée sur la glace, assise sur les talons, tout près du bord de l’eau. Elle pourrait se laisser choir dans l’eau sans grands efforts. Cependant, elle lui tourne le dos. Elle l’ignore. Peut-être même a-t-elle les yeux fermés. Alors le policier prend une décision.

La distance à parcourir n’est que de quelques mètres. Mais la glace est si fragile, le courant si fort, l’eau tellement froide et la dame a déjà montré qu’on ne pouvait pas espérer entrer en communication avec elle. Heureusement, entretemps, des pompiers volontaires sont arrivés. Ils ont apporté une corde. Solidement attaché, l’agent fait un rapide aller-retour, empoignant la dame par le col de son manteau et la ramène en la faisant glisser sur la glace, la traînant derrière lui pendant qu’il court pour retrouver la terre ferme. Tout le monde est sain et sauf. L’ambulance emporte finalement madame à l’hôpital.

Malgré son manque de collaboration, cette personne voulait qu’on la sauve, sinon elle n’aurait pas appelé.

Pour avoir su répondre avec courage et détermination à cet appel de détresse,
Saluons l’agent Pier-Philip Lapointe Mailhot.

Le 27 mars 2016, Jean Rousselle (matricule 1853) de la Sûreté du Québec, accompagné de son épouse, se rend à un brunch de Pâques dans un restaurant de Ste-Adèle, dans les Laurentides, avec son fils, lui-même un ancien policier du Service de police de Laval. Le repas terminé, il faut laisser la place à ceux qui arrivent pour le deuxième service.

Dans le hall d’entrée, l’agent Benoit Daoust (matricule 12693) de la Sûreté du Québec, entouré de ses trois enfants et de plusieurs membres de sa famille, attend de pouvoir accéder au restaurant. Sur l’entrefaite, son frère arrive et lui dit qu’il vient de voir un homme affalé dehors dans l’escalier qui mène au stationnement. Il s’agit du policier Jean Rousselle. Daoust n’est pas en service. Mais c’est oublier que son implication dans la communauté comme policier est une affaire personnelle avant d’être professionnelle. Pour lui, c’est naturel d’aller voir s’il peut aider.

Lorsqu’il voit la scène qui s’offre à ses yeux, Daoust comprend toute l’ampleur du drame en train de se jouer. Il offre son aide. On lui laisse la place. Il entreprend les manœuvres de réanimation. Sans relâche, les mains fermement en position, l’agent pratiquera le massage du muscle cardiaque de son collègue. Celui-ci, lentement, en viendra à donner à nouveau des signes de vie. Encouragé, Daoust a poursuivi jusqu’au moment où les ambulanciers — qui sont arrivés entretemps — pourront enfin prendre la relève. Alors seulement, Daoust part rejoindre sa famille, qui elle se demandait ce qu’il pouvait bien faire à traîner dehors.

Pour souligner que l’histoire se poursuit de génération en génération, nous demandons maintenant à Jean Rousselle, père du député de Vimont, Jean Rousselle Jr., de venir sur scène remettre lui-même le Cristal des Prix policiers du Québec à son jeune collègue qui a eu l’insigne mérite de lui sauver la vie.

Pour son professionnalisme, son dévouement, l’engagement citoyen dont il fait preuve et pour la beauté du geste, l’agent Benoit Daoust est récipiendaire d’un Prix Policier du Québec pour 2016.

Devenu policier il y a un peu moins d’une dizaine d’années, le gendarme Éric Pagé, animé par son désir d’aider, a vite compris qu’il n’avait pas besoin de chercher bien loin pour le faire. Il lui suffisait de regarder autour de lui, tant les cas de détresse psychologique étaient nombreux. En plus de son travail d’enquête dans le domaine de la sécurité maritime, il a donc cherché à se perfectionner pour être en mesure d’apporter bénévolement une aide professionnelle à ses confrères et consœurs.

En suivant deux certificats en même temps — un à l’Université Simon Fraser en matière de prévention des traumatismes psychologiques subis par les premiers répondants, et le deuxième en dépendance à l’Université Laval — Pagé a développé une compétence particulière qui lui permet maintenant d’intervenir auprès de ses collègues en difficulté, mais aussi de pouvoir les aider à augmenter leur résilience, autant qu’à accepter leur vulnérabilité.

Aujourd’hui, il poursuit son engagement en en étant très actif au sein de La Vigile, un organisme fondé en 2003 par Jacques-Denis Simard et présidé aujourd’hui par Yves Crépeau, tous deux présents dans cette salle d’ailleurs, fiers supporteurs du Gala des prix policiers du Québec depuis ses tout début. D’ailleurs, il ne fait pas que participer aux réunions du Conseil d’administration de La Vigile et de sa Fondation. Il profite de différentes tribunes que lui offre la Gendarmerie royale du Canada pour mieux faire connaître cet organisme voué à fournir un soutien thérapeutique dédié aux personnes portant l’uniforme de policier, peu importe sa couleur. Il a organisé des événements de financement pour amasser des fonds pour La Vigile, ainsi qu’un tournoi de golf, deux randonnées en moto et la vente de tabliers de cuisine aux couleurs de la GRC. Son engagement l’a aussi amené à s’impliquer au sein du comité « Urgence Masculinité » du centre de prévention du suicide de Québec et au sein de l’Association canadienne des dons d’organes.

Le gendarme Éric Pagé est un policier dont l’esprit d’engagement s’est tourné vers ceux dont on oublie souvent qu’ils sont d’abord des êtres humains, avec toute la fragilité que cela suppose.

Dans une société moderne et démocratique, « faire de la police » comporte dorénavant une grande diversité de tâches. Notre prochain récipiendaire en est un parfait exemple. Il exerce une fonction bien particulière au sein du monde des enquêtes. Une particularité qui a fait de lui une personne ressource capable d’entrer dans la tête des criminels. En effet, à  la suite d’un processus de certification qui a duré trois ans, il détient maintenant une expertise rare : il établit pour les enquêteurs le profil du suspect qu’il faut rechercher.

Il a su ainsi, au fil des ans, aiguiller, orienter et assister une multitude d’enquêteurs de la Sûreté du Québec, mais aussi de plusieurs corps de police municipaux. Chaque année, il intervient dans plus d’une centaine de dossiers. Généralement, au terme de son analyse, il remet un rapport volumineux qui contient le résumé de l’enquête, le sommaire des faits, la reconstitution probable des événements, les éléments importants de la scène de crime et le profil de l’agresseur. Ce dernier comprend habituellement le sexe du suspect, son âge, sa personnalité, ses caractéristiques physiques, son organisation et une analyse sociale et psychosociale de l’individu. « Nous avons raison environ 85% du temps », assure notre récipiendaire qui, en plus, de soutenir le travail des enquêteurs, enseigne à l’École nationale de police du Québec ainsi qu’au Collège canadien de la police, en même temps qu’il développe des outils de formation pour ses collègues.

Présentement, le voilà qui participe activement à l’évaluation des dossiers d’homicide non résolus. Nul doute que son travail permettra de résoudre certains d’entre eux.

Mesdames et messieurs, un modèle de passion et de dévouement :

Accueillons le sergent Yohan Morneau.

Les crimes financiers ont pour particularité d’être peu visibles, même lorsqu’ils font de nombreuses victimes. Ils sont pourtant dommageables à l’économie canadienne dans son ensemble, car ils minent la confiance des citoyens envers la sécurité des transactions. C’est pourquoi la criminalité en col blanc, telle que la fraude, attire l’attention des corps de police. La Gendarmerie royale du Canada ne fait pas exception. Loin s’en faut.

Une enquête débutée en 2009 connaîtra son dénouement lors d’un procès qui aura lieu en 2018. On ne peut pas présumer de la conclusion. On peut cependant être certain de l’immense travail accompli par nos prochains récipiendaires pour que ce procès se termine par une condamnation. Cette enquête s’est révélée être d’une grande complexité. Si le scénario est simple, en faire la preuve se montre drôlement plus compliqué. Imaginez. La compagnie X, après avoir accusé réception de biens pour une valeur d’environ 13 millions de dollars, fait subitement faillite deux mois plus tard. Les créanciers veulent donc récupérer leurs marchandises, mais surprise, il n’y a plus aucune trace de l’inventaire et des transactions qui ont permis de le constituer. Les marchandises ont disparu, les transactions sont absentes des livres comptables, l’entreprise appartient à une compagnie qui appartient à une autre compagnie qui appartient à un prête-nom et leur avocat est tenu au secret professionnel.

Alors, avec patience et persévérance, ils ont pu, ensemble, dénouer un à un les fils qui ont permis de démontrer l’existence d’un stratagème bien rôdé dont les profits reposaient dans une banque suisse ainsi qu’aux Îles Vierges. Cent soixante témoins et victimes ont été rencontrés pour établir cette preuve. À certains moments, nos récipiendaires ont pu compter sur le support de leurs collègues. Il n’en reste pas moins que si l’orchestre joue bien, c’est parce qu’il y a un Kent Nagano qui a su en assurer la direction et un premier violon qui a su accorder tout le monde.

Mesdames et messieurs, accueillons deux héros de l’ombre,

Le gendarme Charles Garon et la membre civile Sandy Franco de Vasconcelos, aide-enquêteur.

« La justice a le bras long ». L’expression ne s’est jamais si bien appliquée que pour l’affaire Cinar qui s’est terminée dernièrement par des peines de prison pour certains de ses administrateurs. Cette saga commence en 1999. Il est alors question d’utilisation de prête-noms pour obtenir d’importants crédits d’impôt fédéral. Quelques mois plus tard, au début de l’an 2000, un nouveau scandale éclate. On parle à ce moment de 122 millions de dollars américains appartenant à Cinar, qui ont été investis dans une société aux Bahamas, sans l’autorisation du Conseil d’administration. La fraude est un acte criminel et l’accusation ne concerne nul autre que le cofondateur de l’entreprise, Ronald Weinberg. En septembre 2003, un sergent de la Division des crimes économiques de la Sûreté du Québec reçoit le mandat de mener l’enquête.

Au cours de l’enquête, une cinquantaine de témoins furent rencontrés pour établir tous les liens. Des perquisitions ont eu lieu à Montréal, Toronto et aux Bahamas. Des milliers de pages de document ont été saisies, puis traitées pour établir la preuve. À un moment, il y a eu jusqu’à 70 policiers qui ont participé à l’enquête, auxquels s’ajoutent le personnel administratif et les professionnels qui les accompagnent. Aucun effort n’a été négligé. Ce fut une longue course à obstacles, faite d’embûches, comme la poursuite de 190 millions de dollars contre des vérificateurs travaillant sur l’enquête. Pourtant, en mars 2011, des accusations seront finalement portées contre quatre personnes. Le montant de la fraude s’élevait alors à 126 millions de dollars américains.

En janvier 2014, l’un des quatre accusés décide de plaider coupable à 10 chefs d’accusation. Les trois autres résistent et leur procès débute en mai 2014. Un journaliste de La Presse dira que « la preuve est gargantuesque ». Commence alors le plus long procès devant jury à s’être déroulé au Canada depuis que ce pays existe. Un total de 34 personnes ont témoigné. L’un de ces témoins fut l’expert-comptable Réjean Deveault. Son témoignage a duré 96 heures, dont la majeure partie en contre-interrogatoire. Monsieur Deveault est, avec monsieur Sylvain Deschamps, l’autre grand artisan de cette enquête sur des hommes qui ont décidé de frauder leur propre compagnie.

Vingt-deux mois après le début des procédures, 13 ans après avoir reçu le mandat de mener l’enquête, le policier peut enfin dire « mission accomplie ». Absolument conscient que pour réussir sa mission la police doit savoir s’entourer des meilleurs experts.
Mesdames et messieurs, saluons deux marathoniens, deux héros de l’ombre :

Le sergent Sylvain Deschamps et Monsieur Réjean Deveault.

Certains adultes n’ont aucun respect pour l’enfance. Pire, ils profitent de la confiance des enfants envers les adultes pour les tromper, les trahir, les exploiter. Ils en font des jouets sexuels, de purs objets dont ils brisent parfois la vie à tout jamais. Pour ces prédateurs, Internet a ouvert de nouvelles opportunités. Cachés derrière des pseudonymes et l’anonymat des adresses Web, ils peuvent entrer en contact avec des enfants qui habitent la maison d’à côté, la ville voisine ou un pays étranger.

Le 11 octobre 2013, une fillette de onze ans se présente avec ses parents au poste de la Sûreté du Québec de la MRC du Haut St-François. Ils veulent dénoncer un correspondant anonyme qui a demandé à la jeune fille de se déshabiller devant la caméra de son ordinateur. Dans les semaines qui suivent, cinq autres victimes s’ajouteront à la première plainte, toutes de la même ville. De toute évidence, un prédateur très actif est à l’œuvre.
Appuyé par le module de la cybersurveillance de la Sûreté du Québec, le sergent Martin Gagné finit par découvrir le nom ainsi que l’adresse du suspect. Il obtient un mandat de perquisition et demande alors l’appui de la Division des enquêtes sur les crimes majeurs de la SQ de l’Estrie. Les enquêteurs obtiennent alors une nouvelle information, soit l’activité professionnelle du suspect : il enseigne l’éducation physique dans une école primaire de la région de Sherbrooke.

La perquisition du domicile et, surtout, la saisie de l’ordinateur personnel de l’enseignant vont révéler l’ampleur de ses activités. On trouvera ainsi la trace de plus d’une centaine d’enfants avec qui cet individu est entré en contact au cours des quelques mois précédant la perquisition. L’enquête prend alors une tout autre tournure. Il faut retrouver les victimes pour constituer les preuves qui vont permettre la condamnation de ce prédateur. Soixante-deux victimes (62) victimes provenant de Rimouski comme de Saguenay, de Sherbrooke ou de Trois-Rivières, de la Beauce et même du Nouveau-Brunswick ont pu être identifiés. Tantôt grâce à une inscription sur un chandail ou un autre détail apparaissant sur les films conservés par ce voleur d’enfance. Par la suite, les enquêteurs feront des entrevues avec chacune d’elles. Au bout de ce long travail d’enquête, l’homme sera finalement reconnu coupable de 102 chefs d’accusations criminelles. Au mois d’octobre 2016, il a été condamné à 11 ans de pénitencier.

Grâce à leur engagement envers la protection de nos enfants, à leur patience, à leur professionnalisme pour établir les preuves nécessaires, ils ont mis fin à l’activité pernicieuse d’un prédateur en série.

Les sergents : Marc André Charland, Martin Gagné, Alain Laflamme, Éric Lefebvre, Patrick Munoz et Mathieu Sirois.

C’est le propre de la jeunesse que d’être porteur de grands idéaux. Pourtant, on ne peut accepter que ces espoirs de transformer le monde se traduisent par des assassinats à grande échelle, ce que sont les actes terroristes. Aussi, lorsque le 10 avril 2015, l’Équipe intégrée à la sécurité nationale de la GRC reçoit une information à l’effet que deux jeunes adultes manifestent clairement des signes de radicalisation, et qu’ils sont porteurs d’un fort potentiel de violence, la menace est prise très au sérieux. Ainsi nait le projet Sourd. Il faut alors faire appel au Groupe des premiers intervenants, ceux à qui revient la tâche d’agir dans l’urgence pour écarter la menace.

Cette poignée d’une dizaine de personnes travaillera sans relâche pendant 10 jours, sans compter les heures de travail ni les heures de repos, uniquement soucieux d’identifier les suspects, leurs objectifs, les moyens dont ils disposent, avec qui ils sont en contact, à quel endroit ils se trouvent, comment ils se déplacent, quels sont les moyens de communications à leur disposition, est-ce une cellule isolée ou la pointe de l’iceberg? Bien sûr Jack Bauer est capable de faire tout ça tout seul en 24 heures. La réalité est plus compliquée. Il faut des mandats, il faut des ordonnances, donc il faut l’autorisation d’un juge, donc il faut pouvoir présenter des motifs raisonnables solidement appuyés, donc il faut deux équipes de travail, l’une sur le terrain pour amasser l’information qui permet d’étayer les soupçons et une autre qui s’occupe de rédiger les demandes de mandat, de gérer la preuve et d’identifier les pièces manquantes pour convaincre les juges. En tout, c’est plus d’une trentaine de mandats et d’ordonnances qui seront requis pour finalement arriver à faire la perquisition et procéder à l’arrestation des deux suspects avant qu’ils ne passent à l’acte. Car, au moment de l’intervention, on découvrira qu’ils sont effectivement en possession de substances et des plans pour fabriquer une bombe. La preuve révélera également que dans l’impossibilité pour eux de joindre le combat auprès de l’organisation terroriste à laquelle ils s’identifiaient, les deux suspects s’était convaincu de de représenter leur cause en apportant leur guerre en sol canadien.

Pour s’être donné tout entier, dans l’intensité de l’urgence, à leur mission de protéger la vie et la sécurité de leurs concitoyens et leur pays, saluons :

La sergente Marie Eve Lavallée, chef d’équipe, le sergent Mathieu Doyon, chef d’équipe, le caporal Pascal Hébert, superviseur au dossier, le caporal Vincent Roy, superviseur au dossier le caporal Denis Venne, superviseur de l’équipe d’affiants, les gendarmes Jude Martine Louisma et Keven Rouleau, enquêteurs-chefs du dossier, les gendarmes Maryse Robert et Olivier Brouillard, enquêteurs,
le gendarme Jean-Sébastien Petit, affiant principal, le gendarme Tarek Mokdad, expert en terrorisme et la membre civile Geneviève Coulombe, aide-enquêteur.